ABSINTHE - TRILOGIE - CONSUMMATUM EST - L'AGE DES ROBOTS - n+1 - LA MORT DES SUPPORTERS
DESASTROLOGIE - DERNIER CHANT DE LUTTE - ALBATROS - ALICE - ANTIFRANCE
LE HASARD ET LA NECESSITE - L'ANNEE DU SAURIEN - CORDE RAIDE
Elle est une croix dans mon église
A l'heure où le sommeil déguise
Les auréoles les plus saintes
En objets de honte et de crainte
Et quand dans mon âme soumise
Elle me laisse son empreinte
C'est tout un monde qu'elle incise
Ô mon amour, ô mon absinthe
Elle est un feu dans mes ruelles
A l'heure où le soleil irise
L'eau cristalline qui ruisselle
Depuis les canaux de Venise
Et tout au fond de ma prunelle
Elle dissipe les fumées grises
Pour imposer ses tons vermeils
Et me façonner à sa guise
Elle est un couteau dans ma chair
A l'heure où le désir libère
Ces illusions que je courtise
Et qui peu à peu me détruisent
Et quand la lumière se brise
Et crée un monde en demi-teintes
La douleur se fait plus précise
Et je me livre à ses étreintes
Tu es une croix dans mon église
A l'heure où le sommeil déguise
Les auréoles les plus saintes
En objets de honte et de crainte
Et quand mon âme s'électrise
Laisse au fond de moi ton empreinte
Laisse en moi ta douleur exquise
Ô mon amour, ô mon absinthe
J'écrirai des manifestes
Pour une nouvelle musique
J'écrirai des chansons de geste
Et des poèmes érotiques
J'écrirai des séries noires
Et des romans à l'eau de rose
Je consacrerai à ma gloire
Tous les moyens dont je dispose
La postérité est
parfois une mère tendre
La tête sur son sein je saurai peut-être attendre
La fin
J'aimerai des créatures
En les prenant toutes pour toi
J'hypothèquerai mon futur
Contre du plaisir immédiat
Je me perdrai dans tous les corps
Pour ne jamais en revenir
Pour vivre des milliers de morts
Pour n'être plus qu'un souvenir
J'aurai toutes celles que l'on
voulait me défendre
Jusqu'au jour où à tes côtés je pourrai m'étendre
Enfin
Je me ferai alcoolique
Comme on entre en religion
J'irai au bout du pathétique
Avec courage et conviction
J'ai longtemps cherché des réponses
Pour en tirer des questions
Mais j'ai compris que la défonce
Me dispensait de réflexion
Il est parfois courageux de renoncer
à comprendre
Voilà les mots que vous pourrez graver sur mes cendres
Demain
J'ai besoin de la lumière
Mais la lumière me brûle
Quand je regarde en arrière
Je vois la terre qui recule
Douloureuse est la conscience
Et je connais la damnation
C'est n'avoir pas de préférence
Car il n'y a pas de solution
Il n'y a pas de solution
Étourdi de néant
Enivré d'attitude
Épuisé d'absolu
Noyé de plénitude
Avec crainte et tremblement
J'ai contemplé l'origine
J'ai refusé le salut
Du vieil Adam androgyne
Je te connais
Assoiffé d'exister
Affamé de présence
Lancé à corps perdu
Perdu pour la décence
J'ai cueilli la volupté
A l'arbre de connaissance
Goûté au fruit défendu
De plaisir et de souffrance
Je te connais
A vouloir être éternels
Ne fut-ce qu'une minute
Nous nous brûlerons les ailes
Nous nous suivrons dans la chute
Je te connais
Les petits robots
Prennent le métro
Serrés comme du bétail
Ils vont en troupeau
Par monts et par vaux
Pour être à l'heure au travail
Les petits robots
Vont dans les bureaux
Choisir le chef des robots
Ils sont responsables
C'est ça qu'est formidable
Avec les petits robots
Les robots sans conscience
Notre dernière chance
Ils sauveront la terre
Des attaques étrangères
Les robots patriotes
Leurs bulletins de vote
Sont des armes secrètes
Toujours prêtes
Les petits robots
Ont des écriteaux
Quand ils vont manifester
Pour les acquits sociaux
Ou contre les gros mots
Mais jamais pour la liberté
Les petits robots
Sont dans leurs autos
Et ils s'en vont tous en vacances
Fini le boulot
Enfin le repos
On va découvrir la France
Les robots qui consomment
Sont l'avenir de l'homme
Tous les sens amplifiés
Et le cerveau simplifié
Les robots à images
Ont su calmer leur rage
Ils marchent avec confiance
En cadence
Les robots en colère
Font trembler l'univers
Ils sauront faire face
Pour préserver la race
Les robots en armure
Combattants du futur
Surveillent nos frontières
Nos arrières
Les robots sans conscience
Préfèrent le silence
Leurs chaises électriques
Font taire la musique
Le robot République
A un rayon magique
Qui détruit les critiques
Maléfiques
J'étais si bien dans le
zéro
Comme un bébé, un ventre chaud
Le temps de compter jusqu'à un
Et j'entends la voix de quelqu'un
Le temps d'aller à la dizaine
Tout est changé, plus rien qui tienne
J'ai beau trafiquer mon antenne
Je ne reconnais plus les chaînes
Le temps de compter jusqu'à
deux
Je ne suis plus seul avec Dieu
Le temps de compter jusqu'à trois
Il faut apprendre à dire toi
En quelques jours, une semaine,
Plus rien déjà qui me retienne
Les vieux démons, les vieilles haines
Quelques photos bien trop anciennes
Le temps de compter jusqu'à
quatre
Je ne sais plus comment me battre
Le temps de compter jusqu'à cinq
J'ai beaucoup bu et là je trinque
Et j'attends la fée ma marraine
Qui viendra soigner ma migraine
Mes Gauloises sont dans la plaine
J'ai pas les mots pour qu'elles reviennent
Le temps de compter jusqu'à
six
Je vois le fond du précipice
Le temps de compter jusqu'à sept
Déjà j'ai redressé la tête
Une bouteille à moitié
pleine
A moitié vide, vieille rengaine
Plus envie de chercher l'Eden
Plus moyen de quitter la scène
Le temps de compter jusqu'à
huit
Mon salut n'est plus dans la fuite
Le temps de compter jusqu'à neuf
Voilà l'Orient, le regard neuf
Le regard neuf
Le temps d'aller à la dizaine
Plus rien debout, plus rien qui tienne
Juste une vie qui n'est plus mienne
Et deux ou trois rimes en " n "
Nous on est fier d'être d'ici
Et notre équipe, c'est nos copains
Ça c'est d'la vraie philosophie
Pas comme ces trucs qu'on comprend rien
Les plus beaux buts en vidéo
Ça au moins ça prend pas la tête
Et à mort tous les intellos
Qui voudraient nous gâcher la fête
Peinturlurés à leurs
couleurs
Un ballon au lieu du cerveau
Quand sonnera la dernière heure
Les supporters mourront idiots
Les corps bien musclés les
excitent
Ils aiment bien se maquiller
Mais attention à c'que vous dites
Chez eux on n'est pas des pédés
Et quand la balle est dans les cages
C'est un orgasme en cent fois mieux
Pendant que bobonne bien sage
Lit des romans au coin du feu
Peinturlurés à leurs
couleurs
Fidèles au culte du héros
Quand sonnera la dernière heure
Les supporters mourront machos
Si c'est la fête de l'amitié
Comme disent ceux qui nous informent
Alors pourquoi ces chants guerriers
Pourquoi vont-ils en uniforme
Qu'importe l'âge ou la couleur
Disparus classes et partis
Ils sont unis en un seul chur
Oui mais c'est contre un ennemi
Peinturlurés à leurs
couleurs
Tenant fièrement leurs drapeaux
Quand sonnera la dernière heure
Les supporters mourront fachos
Peut-être un jour les supporters
Et c'est là notre espoir secret
Réaliseront leur erreur
Et connaîtront la liberté
Plus de grand frisson collectif
Finis la conquête et l'honneur
Ils cesseront d'être sportifs
Et ils redeviendront joueurs
Et quand ils apprendront à
lire
Alors viendront les temps nouveaux
Où l'on boira pour le plaisir
Les supporters mourront bientôt.
DESASTROLOGIE (refrain : La Fontaine)
Pour les taureaux, du courage
Soyez prêts au sacrifice
Compétition et chômage
Justifient votre supplice
Et dans l'arène soyez prêts
Si jamais les marchés l'imposent
A vous-mêmes vous couper
Les deux oreilles et les choses
Charlatans, faiseurs d'horoscopes
Quittez les cours des princes d'Europe
Pour les vierges, attention
Gardez votre pucelage
Il fait partie des possessions
Il fait partie de l'héritage
Le ciment de nos sociétés
Restera la sainte famille
Le lieu de la propriété
Alors surveillez bien vos filles
Charlatans, faiseurs d'horoscopes
Quittez les cours des princes d'Europe
On n'a plus besoin des balances
Ne nous parlez plus de partage
Laissons faire la providence
Que Robin des bois reste sage
La richesse et la pauvreté
Voilà la loi de la nature
Nous imposer l'égalité
Ce serait de la dictature
Charlatans, faiseurs d'horoscopes
Quittez les cours des princes d'Europe
Pour les lions tout va bien
Restez féroces et battants
Et vous aurez dans vos mains
Tout le pouvoir et tout l'argent
L'avenir est aux prédateurs
Plus de sentimentalisme
Vous n'avez pas droit à l'erreur
Dans la jungle du libéralisme
Charlatans, faiseurs d'horoscopes
Quittez les cours des princes d'Europe
La nuit nous surprend parmi
Les corps des amis tombés
Le sang se mêle à la pluie
Et les larmes ne veulent pas couler
Et je te cherche au milieu
Des derniers feux des batailles
Qui s'éteignent peu à peu
J'ai si peur que toi aussi tu t'en ailles
Il faudra se souvenir
Ce n'étaient pas des martyrs
Pas de prières pour eux
Juste l'espoir dans tes yeux
Pas de monuments aux morts
Simplement lutter encore
Et crier toujours plus fort
La nuit nous pleurions sans bruit
Tout ce qui nous fut volé
Le sang, le souffle et la vie
Ces instants qui duraient l'éternité
Et puis au grand jour sortis
Pour deux ou trois vérités
Contre le même ennemi
Avec le droit la force à nos côtés
N'oubliez pas de leur dire
Nous n'étions pas des martyrs
Pas de prières pour nous
Juste un espoir un peu fou
Pas de drapeaux sur nos corps
Juste un cri toujours plus fort
Un chant venu du dehors
Et nous le ferons venir
Le dernier jour des martyrs
Plus de chanson sur la guerre
Celle-ci est la dernière
Les enfants dans les écoles
N'apprendront pas ces paroles
Plus de chanson sur la guerre
Je vous chante la dernière
Les enfants loin des écoles
Écriront d'autres paroles
Plus poétiques et plus drôles
Plus politiques et plus folles
Plus poétiques et plus drôles
Plus politiques et plus folles
Plus poétiques
ALBATROS (Refrain adapté de C. Baudelaire)
Jonathan Livingstone, goéland
intrépide
Ne vivait pas comme tous les autres oiseaux
Qui se moquaient de lui, l'appelaient tête vide
Pendant que lui cherchait comment voler plus haut
Mon enfant est semblable au prince
des nuées
Qui joue dans la tempête et se rit de l'archer
Exilé sur le sol au milieu des huées
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher
Un petit prince qui vivait sur
un caillou
Régnait sur trois volcans, une rose, un mouton
Voyait les gens sérieux vouloir régner sur tout
Compter les grains de sable, posséder les chansons
Mon enfant est semblable au prince
des nuées
Qui joue dans la tempête et se rit de l'archer
Exilé sur le sol au milieu des huées
Ses ailes de géant
Ses ailes de géant
L'empêchent de marcher
Je suis passé, elle lisait
un livre
Comme toujours j'étais très en retard
Très intriguée elle a voulu me suivre
Mais dans mon terrier il faisait très noir
Alors elle a avancé sans prudence
En se disant
De plus en plus curieux
Moi j'étais loin très
loin dans d'autres sphères
Je fumais assis sur un champignon
J'oubliais tous ses non-anniversaires
Je n'répondais jamais à ses questions
Elle a tenté de briser mon silence
En se disant
De plus en plus curieux
Tout en elle changeait beaucoup
trop vite
Elle en oubliait jusqu'à son prénom
Parfois trop grande et parfois trop petite
Jamais à la taille de ma maison
Perdue entre la vieillesse et l'enfance
Et se disant
De plus en plus curieux
Pendant ce temps je repeignais
des roses
Aux couleurs d'une autre révolution
Sans remarquer que ses métamorphoses
Etaient le cur de ma contradiction
Elle s'est fatiguée de mes absences
En se disant
De plus en plus curieux
Elle m'a dit ton pays des merveilles
Te raconte toujours la même histoire
Préviens-moi si un jour tu te réveilles
Moi je m'en vais derrière le miroir
Elle a souri et a pris de l'avance
En me laissant
De plus en plus curieux
Je suis le Juif, celui qui vient
toujours d'ailleurs
Je suis la corruption, l'ennemi intérieur
J'ai inventé la loi, la justice et l'histoire
Quand vous étiez des singes privés de la mémoire
Oh vous grands oiseaux tristes
Vous ne vous trompiez pas
Oui l'anti-France existe
Et l'anti-France c'est moi
Je suis le franc-maçon,
je conspire en silence
A vous faire advenir enfin l'intelligence
De vos rois décadents j'ai fait couper les têtes
J'ai rendu tous vos dieux barbares et obsolètes
Oh vous grands oiseaux tristes
Combattants du Christ-Roi
Oui l'anti-France existe
Et l'anti-France c'est moi
Je suis le communisme et l'Europe
je hante
Entendez-vous au loin cette foule qui chante
Je prendrai vos maisons, détruirai vos usines
Je construirai un monde nouveau sur vos ruines
Oh vous grands oiseaux tristes
Patriotes aux abois
Oui l'anti-France existe
Et l'anti-France c'est moi
Je suis le débauché,
le drogué, la pédale
L'anarchiste, le fou, l'ambassadeur du mal
Je lis sur vos drapeaux qui sont mes ennemis
Le travail, la famille et bien sûr la patrie
Oh vous grands oiseaux tristes
Entendez donc ma voix
Oui l'anti-France existe
Et l'anti-France c'est moi
Oh vous, grands oiseaux tristes
Vous ne vous trompiez pas
Oui l'anti-France existe
Et l'anti-France c'est moi
Il faudra bien un jour
Que j'apprenne à y voir
Que mes yeux à leur tour
Sachent percer le noir
Il faudra bien un jour
Il faudra bien un soir
Que mon pas un peu lourd
S'habitue au hasard
Il faudra que je naisse
Chaque jour à nouveau
Avec plus de finesse
Connaissant d'autres mots
Avec plus de tendresse
Ayant changé de peau
Il faudra que je naisse
Et que je naisse encore
Jusqu'à c'que la jeunesse
Puisse quitter mon corps
Sans tuer mon adresse
Sans provoquer ma mort
Il faudra la vieillesse
Pour être vraiment fort
Il faudra que je naisse
Il faudra que je meure
Il faudra que je laisse
Mon orgueil et ma peur
Il faudra bien un jour
Que ce soit le grand soir
Où je saignerai pour
Ceux qui n'ont pas d'histoire
Oublier ces discours
Traînés dans tous les bars
Que le destin est sourd
Et qu'il est bien trop tard
Il faudra bien alors
Que j'apprenne à écrire
A lier les accords
Pour dénoncer le pire
Sans pleurer sur mon sort
Sans chercher à séduire
Il faudra bien un jour
Que j'accepte de croire
Que la mort est toujours
Plantée dans mon espoir
Il faudra bien un soir
Que mon corps me résiste
Que j'arrête de boire
Que j'oublie d'être triste
Que je tue ma mémoire
Qui sans arrêt insiste
Pour pleurer des départs
Plus anciens que le Christ
Il faudra bien un soir
Que nous deux ça arrive
Comme un nouveau départ
Vers d'anciennes dérives
Il faudra bien pourtant
Que nos corps se respirent
Que se mêlent nos sangs
Versés par le désir
Quand nos yeux si souvent
Sans jamais rien en dire
Font de nous des amants
Acharnés à mourir
Il faudra bien un jour
Il me faudra un soir
Voir grandir mon amour
Entre tes doigts d'ivoire
Dans la nuit comme un four
Tenter d'apercevoir
De ton corps les détours
Espérant la victoire
Espérant la victoire
Il faudra bien un jour
Que vienne ce grand soir
Sans crier au secours
Sans même un au revoir
Attendant ton retour
Espérant ton retard
Je voudrais être alligator
Me recouvrir de dure écorce
Chasser tout l'esprit de mon corps
Ne plus user que de ma force
Je voudrais être alligator
Me protéger sous ma cuirasse
Des coups de poing, des coups du sort
De l'amour qui passe et trépasse
Je voudrais être crocodile
Et verser des larmes pour rien
Sans les souffrances inutiles
Du faible et fragile être humain
Je voudrais être crocodile
Pour pouvoir pleurer sans douleur
En une revanche subtile
Du temps où je souffrais sans pleurs
Je voudrais être caïman
Pouvoir me vautrer dans la fange
Pouvoir être sale et méchant
A en faire pleurer les anges
Je voudrais être caïman
Connaître le fond des rivières
Et comprendre instinctivement
Les plus noirs secrets de la terre
Je voudrais être alligator
Au sang froid comme le mercure
Ne porter en moi que la mort
La violence et la démesure
Je voudrais être caïman
Avoir l'il froid comme l'enfer
Avoir le jour du châtiment
Gravé dans mon cerveau de pierre
De pierre
Je voudrais être crocodile
Et dans mon grand corps de saurien
Avoir une âme de reptile
Ne plus jamais penser à rien
Je voudrais être crocodile
Et dans mon corps de grand saurien
Avoir une âme de reptile
Ne plus jamais penser à rien
A rien
Les lèvres au bord du cur
Le visage impassible
Je regarde les heures
Défiler insensibles
A mon profond malheur
Mon amour impossible
Comme un chien sans honneur
Livré à tous les vices
Je n'étais que voyeur
Et me voilà complice
Je marche dans la peur
Traqué par la police
Pas encore bourré
Trop tard pour m'arrêter
Je jouis du privilège
De mon humanité
Je joue quelques arpèges
A contretemps
Sur les cordes de ma santé
Quand les dieux du bonheur
Défendent d'être triste
Pendant que Big Brother
Me cherche sur ses listes
Je joue au déserteur
Je fais le défaitiste
Du fond de son bunker
Sans porte ni fenêtre
Le grand ordinateur
Dit que je suis un traître
Je vais vers un ailleurs
Voir si demain peut être
Déjà bourré
Trop tôt pour m'arrêter
Je me désagrège
En toute liberté
Comme un flocon de neige
Se joue du temps
Et des lois de la gravité
J'aurais voulu, Seigneur
Naître dans une étable
Être le rédempteur
Glorieux et redoutable
Mais c'est le tentateur
Qui vient boire à ma table
De plus en plus bourré
Pas près de m'arrêter
Je jouis du privilège
De mon humanité
Je joue quelques arpèges
Dissonants dans un saxophone
Ébréché